COMMENT SE RETROUVE-T-ON DANS UN CENTRE FERMÉ POUR ÉTRANGERS ?

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QUI SONT LES « SANS- PAPIERS » ?

La politique menée par les gouvernements successifs et leur main de fer, l’Office des étrangers est de refuser une majorité de demandes d’asile (exception récente concernant les réfugiés venant de zones de guerre comme la Syrie par exemple). L’étranger est considéré comme suspect, menteur…

De même lorsque des personnes déboutées de l’asile introduisent une demande de régularisation parce qu’elles sont depuis longtemps installées, intégrées, sur le territoire, avec leurs enfants scolarisés, leurs attaches, la réponse est négative. Il n’y a eu de politique de régularisation réelle qu’en 2000 et en 2009, résultat de plusieurs années de luttes. Les grands malades qui demandent une régularisation pour raison médicale ne sont pas mieux lotis : on trouvera toujours bien dans votre pays d’origine une clinique qui pourrait vous soigner, moyennant des frais exorbitants…

Le regroupement familial avec un conjoint, un parent, un enfant est de plus en plus difficile. Ces dernières années, notamment suite aux directives du secrétaire d’Etat Théo Francken, l’Office des Etrangers considère tout mariage mixte comme «blanc», et les bébés des couples mixtes deviennent des «bébés papiers» … Ainsi la nouvelle loi en application depuis avril 2018 permet à un officier d’Etat civil d’une commune de refuser la reconnaissance d’un bébé hors mariage même si le lien biologique est établi !

CETTE POLITIQUE A COMME CONSÉQUENCES LA FABRICATION DE « SANS- PAPIERS », C’EST-À-DIRE DE PERSONNES QUI NE DISPOSENT PAS D’UN TITRE DE SÉJOUR EN RÈGLE EN BELGIQUE. LORS D’UN CONTRÔLE DE POLICE FORTUIT, PAR EXEMPLE DANS UNE VOITURE, LORS D’UN INCIDENT SUR LA VOIE PUBLIQUE, ETC., LA PERSONNE « SANS-PAPIERS» SERA INTERPELLÉE, CONDUITE AU POSTE DE POLICE QUI CONTACTERA L’OFFICE DES ETRANGERS. CE DERNIER DÉSIGNERA ALORS UNE PLACE EN CENTRE FERMÉ OU DÉLIVRERA UN ORDRE DE QUITTER LE TERRITOIRE DANS LES 5 JOURS.

Il y a aussi des contrôles de police ciblés dans les transports publics, dans les gares par exemple, avec comme objectif d’augmenter le nombre d’expulsions. Et enfin l’Office des Etrangers n’hésite pas à envoyer la police fédérale dans les maisons particulières pour arrêter des personnes dites en séjour illégal.

Aujourd’hui les « transmigrants » qui cherchent à gagner l’Angleterre sont traqués, autour du Parc Maximilien à Bruxelles, sur les routes. La petite Mawda a été assassinée lors d’une de ces « traques» le 17 mai 2018.

Les « sans-papiers » vivent sans droits, dans la précarité, ou alors victimes de l’exploitation par des réseaux de travail clandestin, dans les secteurs économiques comme la construction, l’agriculture, l’horeca, les services domestiques et aux personnes, le nettoyage, les ateliers textiles… Les seuls droits sont l’aide médicale urgente, pas toujours facile à obtenir, et le droit à la scolarité, obligatoire jusqu’à 18 ans.

Quelques chiffres actuels :

– En ce qui concerne les demandes d’asile, sur 26.623 personnes qui ont reçu une décision, 13.833 ont reçu une réponse positive (statut de réfugié ou protection subsidiaire), soit 52% (les chiffres ont été beaucoup plus bas dans les années 2000).

– En ce qui concerne les demandes de régularisation, sur 11.175 décisions prises en 2017 (sans compter les dossiers non pris en compte), il y a 1853 décisions positives, soit 16% de décisions positives seulement !

(source : Rapport statistique de l’Office des Etrangers 2017)

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