« ÉLOIGNEMENTS » ET EXPULSIONS.

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En 2017, 7105 personnes sont passées par les 5 centres fermés. Parmi celles-ci, 80,8% sont rapatriées de force (5741 personnes). Ces chiffres concernent les expulsions à partir des centres fermés. Mais le nombre total d’éloignements est en réalité beaucoup plus élevé ; les chiffres fournis par l’Office des Etrangers pour l’année 2017 sont les suivants : 11.011 éloignements. Il s’agit de 6978 expulsions – retours forcés (4503) et « refoulements » (2475) – et de 4033 retours « volontaires ». Soulignons que la plupart de ces retours volontaires sont le résultat de pressions diverses, et notamment de la menace du passage en centre fermé et d’une expulsion avec escorte ! Sous la dernière législature, le nombre de retours forcés à partir des centres fermés a fortement augmenté, il est passé de 4360 en 2014 à 5741 en 2017.

Il existe actuellement 578 places disponibles en moyenne dans les centres fermés. L’ouverture de trois nouveaux centres est planifiée : à Holsbeek, près de Louvain, à Zandvliet, près d’Anvers, en 2020, à Jumet, en 2021, soit 500 places supplémentaires. Tout cela montre la volonté d’intensifier une politique migratoire restrictive.

En ce qui concerne les expulsions, malgré la condamnation -légère- des gendarmes qui ont assassiné Semira Adamu en 1998, elles restent extrêmement violentes. L’utilisation du coussin, qui avait étouffé Semira, est prohibé, mais d’autres techniques sont véritablement institutionnalisées.

Une gradation existe en cas d’expulsion. Lors de la première tentative la personne peut refuser. A la deuxième ou la troisième tentative, par contre, on utilise la violence… les menottes. Si la personne résiste, elle peut être complètement «saucissonnée», entravée par une ceinture des pieds à la tête, avec un casque de kick-boxing (pour amortir les coups) et jetée telle quelle dans l’avion! Si personne ne proteste dans l’avion, si le commandant de bord n’intervient pas, cette personne sera expulsée.

Régulièrement des personnes qui reviennent dans les centres après une tentative d’expulsion font état de multiples injures à caractère raciste et de coups reçus ; des certificats médicaux sont établis. Des plaintes ont été déposées auprès du comité P, chargé de contrôler la police fédérale… ou même auprès de juges d’instruction. Elles s’accumulent. Quand seront-elles jugées ? L’Etat belge est donc coupable, de tortures, de mauvais traitements. Il faut dénoncer également la collaboration active des compagnies aériennes dans ces déportations, notamment celle de Brussels Airlines, notre compagnie nationale, qui n’a pas hésité à s’en prendre à des passagers qui protestaient.

Enfin, il faut évoquer les déportations collectives (52 vols en 2017 !). C’est la dernière solution lorsque des personnes ont résisté plusieurs fois aux rapatriements forcés. Les vols collectifs se font par avion militaire, à partir de l’aéroport de Melsbroek, sans témoins aucun : ni passagers forcément, ni journalistes, ni députés. Aucun contrôle n’est possible sur les violences qui peuvent être exercées. Ces vols collectifs sont parfois opérés de concert avec d’autres Etats de l’Union Européenne.

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